Quinze adolescents soudanais ont récemment été acquittés en Crète après avoir passé des mois derrière les barreaux. On les accusait d’être des passeurs. La réalité était tout autre. Ce procès met en lumière une dérive judiciaire récurrente aux frontières européennes où des rescapés se retrouvent transformés en coupables par défaut.
Le piège de la loi grecque sur les passeurs
Dans le système juridique grec, les textes frappent fort. Tout migrant ou demandeur d'asile qui se retrouve à tenir la barre d'un canot pneumatique ou à conduire un véhicule transportant des exilés est immédiatement soupçonné d'appartenir aux réseaux criminels. Les peines planchers font peur. Dix ans de réclusion minimum, parfois des centaines d'années cumulées en cas de naufrage ou de transport de masse. Also making headlines in related news: Why Israel Election Chief Dean Livne Is Sweating Over Fake News.
Le problème est simple. Sur les embarcations de fortune qui traversent la Méditerranée depuis la Libye, personne ne paie de billet à des passeurs professionnels pour faire le voyage à bord. Les réseaux abandonnent purement et simplement les embarcations en pleine mer après avoir forcé un passager à tenir le cap. Souvent, ce rôle échoit au plus jeune, au plus vulnérable ou à celui que l'on menace.
Les autorités s'emparent de ces profils par défaut. Faute de pouvoir attraper les véritables têtes de réseaux basées en Libye ou en Turquie, la police judiciaire interpelle les occupants à l'arrivée. Quinze mineurs soudanais en ont fait les frais. Additional information into this topic are covered by The Washington Post.
Une procédure sous haute tension en Méditerranée
L'île de Crète subit une pression migratoire accrue avec l'ouverture de nouvelles routes maritimes depuis les côtes libyennes. Les traversées se multiplient dans des conditions épouvantables. Face aux drames à répétition en mer Égée et au large des côtes crétoises, la réponse politique se focalise sur la traque des passeurs.
Mais cette traque se transforme trop souvent en politique du chiffre. On arrête à tour de bras dès qu'un mineur a touché le gouvernail. Les avocats des droits humains dénoncent depuis des années cette criminalisation des exilés eux-mêmes victimes des passeurs. Les jeunes Soudanais acquittés en Crète ont vu leur jeunesse piégée par un engrenage judiciaire qui broie les faits pour fabriquer des coupables.
Pourquoi ces acquittements changent la donne
L'acquittement de ces quinze adolescents soudanais n'est pas qu'une simple décision de justice locale. C'est un camouflet pour la méthode d'enquête systématique menée par les autorités grecques. Les magistrats ont fini par reconnaître l'évidence. Des mineurs paniqués, forcés de piloter une embarcation de fortune pour survivre, ne sont pas des criminels organisés.
Pourtant, le mal est fait. Des mois de détention provisoire pour des mineurs, un traumatisme psychologique supplémentaire après l'horreur de la traversée et de la guerre civile au Soudan. Le pays d'origine de ces jeunes traverse l'un des pires conflits de son histoire moderne, poussant des millions de personnes à fuir.
La lutte contre l'immigration clandestine ne peut pas reposer sur le sacrifice d'enfants et d'adolescents désarmés. Tant que les gouvernements européens préféreront condamner des boucs émissaires plutôt que de s'attaquer aux véritables réseaux mafieux internationaux, des dossiers absurdes continueront d'atterrir sur les bureaux des tribunaux grecs.